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Idées et réflexions


Jeudi 1 Décembre 2005

Je reprends ici les propositions formulées par Jacques Attali et Vincent Champain, dont la source est ici : http://www.supprimerlechomage.org et le document intégral là : Texte intégral

Les deux auteurs considèrent que :
- Les chômeurs réels sont près de 20% (presque 5 millions de personnes) de la population en état d’activité, ce que personne de sensé ne conteste.
- La recherche d’emploi est une activité qui, pour être poursuivie, nécessite d’être rémunérée.
- Les chômeurs n’ont aucun statut et finissent par perdre leurs droits sociaux, droits qui sont destinés essentiellement aux travailleurs et non aux citoyens, ce qui non plus n’est pas contestable.
- Les chômeurs ne sont pas représentés.

En conséquence ils proposent une forme de “Contrat de chercheur d’emploi” pleinement rémunéré et encadré par un accompagnateur assistant la recherche d’emploi. L’employeur serait, dans l’éventualité ultime, la collectivité. Leur terme dans ce cas est l’ “employeur de dernier ressort”. Les avantages, entre autres, de cette formule sont les suivants, je cite :

Notre proposition placerait la société en position d’assumer la responsabilité du chômage et de répondre à cette responsabilité de façon adaptée. Là où le problème est un problème de coût du travail, notre réforme conduira à subventionner des emplois qui seraient “hors marché” sans subvention – par exemple certaines activités de service aux personnes dépendantes. Là où, au contraire, le problème est une insuffisance de revenu, le retour à l’activité permettra de relancer le cycle économique. Là où le problème est un problème de mutation industrielle, l’accompagnement des emplois vers de nouvelles activités privées sera organisé de façon plus dynamique.

Pour le chômeur l’intérêt est de retrouver un revenu décent, de disposer ainsi de tous les droits sociaux inhérents, et une représentativité. Une place dans la société donc, ce qui est loin d’être négligeable.

Selon les auteurs encore cette réforme serait financée à ressources constantes et immédiatement applicable puisqu’elle ne coûterait “que” 4% du PIB contre 4,2% actuellement pour toutes les mesures concernant l’emploi. Une autre mesure principale serait de remettre la gestion de ces contrats entre les mains des responsables locaux puisque “c’est d’ailleurs l’échelon démocratique qui, aujourd’hui, inspire le plus confiance aux Français.”
La conséquence induite, d’un intérêt évident, est que la collectivité aura tout intérêt à trouver rapidement des emplois pérennes aux demandeurs d’emploi puisque le cas échéant c’est elle qui devra en assumer la charge et que les élus locaux porteront la responsabilité de leur politique de l’emploi devant les électeurs.

En conclusion de leurs propositions, je cite de nouveau :

Ce programme ambitieux – rien de moins que la fin du chômage – n’est pas irréaliste. Il suppose des choix clairs : la reconnaissance du statut de “recherche active”, la focalisation plutôt que le saupoudrage, l’efficacité plutôt que l’empilement des dispositifs, l’écoute et la prise en compte des besoins de chaque personne plutôt que la conception d’outils basés sur un “chômeur moyen”.
Après ce programme, la société française changerait de nature.

Je dois reconnaître que ce programme est intéressant, que la proposition, même si elle n’est pas nouvelle selon leurs auteurs, est ambitieuse. Néanmoins je crois qu’elle ne répond pas intégralement à la situation. En effet, elle ne tient pas compte du déficit d’emplois. Le gisement d’emplois à pourvoir n’est que de quelques centaines de milliers. En les rapportant aux 5 millions de chômeurs, elle nécessiterait de créer plus de 4 millions de postes. J’ai du mal à imaginer où il deviendra possible de le faire. Elle ne tient non plus pas compte de l’évolution technologique qui conduit à diminuer les emplois en plus grand nombre qu’elle n’en crée. D’autre part, elle n’intègre pas, si ce n’est par leur seule bonne volonté, les employeurs privés. Si la réalité qu’ils décrivent, selon leurs représentants, est avérée, c’est à dire que le coût de la main d’oeuvre en France est si exorbitant qu’il leur faille délocaliser, je ne vois pas dans ces propositions ce qui les conduirait à y renoncer.

Ces bémols, et non des moindres bien que je trouve cette avancée dans le traitement social du chômage considérable, m’amènent à pousser plus loin le raisonnement en passant du contrat d’évolution proposé par les auteurs au Revenu d’Existence Collective que je développerai sur le prochain billet.
En attendant, n’hésitez pas à consulter le document, à vous rendre sur leur site et à laisser vos commentaires et réactions sur leur blog. Je suis entré en contact avec Vincent Champain et je pourrai lui faire part de vos remarques constructives et de l’évolution de nos discussions.

La réflexion continue, la solution pourrait bien être en passe d’être élaborée.

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Publié par José à 23:06 · En discuter dans l'Agora
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