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Idées et réflexions


Mardi 1 Novembre 2005
Société

Associer les citoyens à l’Europe est une nécessité qui semble-t-il n’a pas été perçue, ni par nos représentants nationaux, ni par nos dirigeants européens ni par les médias. Les raisons du non ont été et demeurent multiples. On ne peut indifféremment associer tous les objectifs différents du vote non. Pourtant certains arrivent à rassembler 55% de la population à un simple mot : NON. Parfois ils poussent même leur profondeur d’analyse jusqu’à affiner l’argument et même en déduire des traits de caractère majoritaires comme le racisme, la xénophobie. Jusqu’à affirmer que cela relèverait même de la psychothérapie comme le repli sur soi. J’avoue volontiers que pour ma part, je suis assez impressionné. Je ne me suis jamais posé cette question au sujet des votants du oui, je pensais tout simplement qu’ils étaient comme ceux du non. Je ne suis qu’un citoyen “de base”, ça doit être pour ça… Mais revenons à notre sujet bien que pour ma part je considère qu’une large partie du vote non ait été l’hostilité au libéralisme économique érigé en Constitution.

L’affrontement idéologique majoritaire aujourd’hui se résume aux seuls deux différents adjectifs présents dans le titre de cet article. En effet, plus personne ne combat le libéralisme. Pas même les marginaux d’aujourd’hui, comme nos jeunes alter-mondialistes que nous croisons et avec qui nous nous amusons lorsque nous nous rendons aux festivals d’été. Voudraient-ils qu’on leur retire leur fourgon ? Évidemment non. Les libertés individuelles comme le bien privé sont indissociables et ce sont souvent ces mêmes jeunes que je citais qui sont de fait les pratiquants les plus fervents du libéralisme politique, même s’ils le font parfois sans le savoir.

Comment transcrire en ce cas cet affrontement idéologique ? Si l’on s’en tient aux objectifs d’idéal ils sont les mêmes puisque le libéralisme n’en a qu’un seul qui est d’égaliser les droits réels de tous. Pragmatiquement, les voies pour atteindre cet objectif se heurtent dans la vie à notre échelle de temps. Le citoyen de base ne peut adhérer qu’à ce qui améliore sa condition actuelle. C’est une simple question de bon sens. Lorsqu’il lui est demandé de réduire ses conditions de vie en affirmant que c’est une période difficile pour sa génération mais bénéfique pour celle qui le suivra, c’est un argument qu’il a du mal à cautionner. Quelle garantie a-t-il qu’il ne sera pas affirmé les mêmes propos à ses enfants ? Impossible de prévoir l’avenir, bien sûr ! Mais dans ce cas comment peut-on promettre une meilleure situation ? La seule amélioration que le citoyen puisse constater est celle qui se présente à son quotidien. S’il est impossible d’affirmer améliorer l’avenir de ses enfants, commençons par améliorer leur présent. En vivant dans un monde meilleur, eux aussi amélioreront leur futur. C’est cela le bon sens. Or, le libéralisme économique et ses défenseurs les plus actifs n’ont pour seul but que de s’affranchir du contrôle de l’État (mais pas toujours de ses subventions).

Les Américains ont une culture capitaliste qui contribue largement à ce type d’expression. Aucun Américain ou presque, malgré les inégalités provoquées par un tel système, ne le remettrait en cause. Mais en France, contrairement à chez eux, nous avons une culture sociale très forte. Nous faisons aussi le constat qu’une économie non contrôlée fait un maximum de dégâts sociaux en un minimum de temps. Notre culture politique n’a pas pour vocation à pallier ces problèmes parce qu’elle n’a pas (ou ne devrait pas avoir) pour principe de laisser se former des exclusions en son sein. C’est ainsi que nous pouvons constater aussi durement l’incompétence de l’État face à la situation économique. Autrement dit, à mon sens, les Français ne seraient pas opposés au libéralisme économique si seulement le libéralisme politique était réellement effectif. Et si l’on commençait par l’application dans les faits du premier avant d’imposer plus avant le second ?

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Publié par José à 01:05 · Pas de discussion dans l'Agora.
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