Intra-muros
Idées et réflexions


Lundi 24 Octobre 2005

Ma présence à ce festival avec deux adolescents, le mien et son ami avec lequel ils forment déjà, à 16 ans un vieux couple wink, m’a permis de visualiser d’un peu plus près ce qui se passe réellement lorsque notre jeune génération s’amuse. Je crois que les problèmes relationnels que celle-ci rencontre avec les “vieux” que nous sommes sont pour une grande part liés à nos comportements. Les nôtres et pas forcément les leurs comme l’on aurait trop tendance à le croire. Nous pensons qu’ils sont formatés mais est-ce tant le cas que cela ? Ne le sommes-nous pas, nous aussi ? Et si nous y réfléchissions ?

Tout d’abord, une présentation de cette soirée du Festival de Morlaix. La programmation musicale (Chris Stills, Tom Mac Rae, Tiken Jah Fakoly, Sinsemilia) était bonne, mais cette appréciation relève essentiellement du goût de chacun. Je compte traiter de cette programmation indépendamment dans un article à Juventus. L’organisation était excellente, tant au niveau de la sécurité que des infrastructures. Il n’y a donc pour moi rien à regretter de cette longue soirée, de 20h à 2h30 tout de même. On comprend aisément, d’après la programmation, quel était le public : des jeunes de 15 à 25 ans essentiellement, en proportions assez équilibrées par âges. Quelques couples de parents accompagnateurs mais assez peu, ce qui suscite ma première interrogation : sommes-nous si éloignés de nos enfants en matière de goûts musicaux ?

En l’occurrence nous écoutons la même musique mais la majorité d’entre nous a perdu contact avec l’évolution de la scène. La lignée des Bob Marley, Burning Spears, Peter Tosh, Alpha blondy ou Toure Kunda a apporté, entre autres, Tiken Jah Fakoly ou Sinsemilia, Ils jouent la même musique festive et chantent les mêmes revendications : celles qui ont pu nous animer il y a une vingtaine d’années. J’insiste : les mêmes. Les textes sont en phase avec l’actualité, cette actualité qui est aussi la nôtre. Il n’y a rien de plus violent, rien de plus agressif ou de déluré que ce qui pouvait se passer à notre “époque” (que je n’aime pas ce terme...). Il y a donc tout lieu de penser que nos adolescents adopteront la même façon de penser que nous. Nous en rendons-nous vraiment compte ? Si oui, pourquoi les adultes étaient-ils si peu nombreux avec leurs enfants samedi soir ? À titre personnel je sais que le mien était enchanté de ma présence parmi eux, j’imagine donc que ç’aurait été le cas aussi avec nombre d’adolescents présents. Une réponse qui appelle des questions, n’est-ce pas là un sujet de débat ?
Secondement, leur comportement. À ce que j’ai pu voir, les adolescents en groupe ne se comportent pas différemment de nous. Ils bousculent un peu autour d’eux en passant et ne demandent pas toujours pardon mais ce n’est pas tant par manque de respect que par précipitation. Aucun incident, aucune bagarre, aucune intervention de la sécurité ne fut nécessaire. Bien encadrés et organisés, ils ne se transforment pas en mauvais supporters mais bel et bien en groupes festifs ignorants des discriminations ou d’autres comportements sectaires.
Par contre je dois avouer que leur propension à l’alcool est (alors que celle du cannabis me semble stable), en forte hausse. Dans quelle mesure en sommes-nous responsables et pouvons-nous agir ? C’est une question sérieuse qui mérite à mon sens réflexion… Sans sermon mais surtout sans hypocrisie.

Publié par José à 23:21 · Pas de discussion dans l'Agora.
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