Je reprends ici les propositions formulées par Jacques Attali et Vincent Champain, dont la source est ici : http://www.supprimerlechomage.org et le document intégral là : Texte intégral
Les deux auteurs considèrent que :
- Les chômeurs réels sont près de 20% (presque 5 millions de personnes) de la population en état d’activité, ce que personne de sensé ne conteste.
- La recherche d’emploi est une activité qui, pour être poursuivie, nécessite d’être rémunérée.
- Les chômeurs n’ont aucun statut et finissent par perdre leurs droits sociaux, droits qui sont destinés essentiellement aux travailleurs et non aux citoyens, ce qui non plus n’est pas contestable.
- Les chômeurs ne sont pas représentés.
En conséquence ils proposent une forme de “Contrat de chercheur d’emploi” pleinement rémunéré et encadré par un accompagnateur assistant la recherche d’emploi. L’employeur serait, dans l’éventualité ultime, la collectivité. Leur terme dans ce cas est l’ “employeur de dernier ressort”. Les avantages, entre autres, de cette formule sont les suivants, je cite :
Notre proposition placerait la société en position d’assumer la responsabilité du chômage et de répondre à cette responsabilité de façon adaptée. Là où le problème est un problème de coût du travail, notre réforme conduira à subventionner des emplois qui seraient “hors marché” sans subvention – par exemple certaines activités de service aux personnes dépendantes. Là où, au contraire, le problème est une insuffisance de revenu, le retour à l’activité permettra de relancer le cycle économique. Là où le problème est un problème de mutation industrielle, l’accompagnement des emplois vers de nouvelles activités privées sera organisé de façon plus dynamique.
Pour le chômeur l’intérêt est de retrouver un revenu décent, de disposer ainsi de tous les droits sociaux inhérents, et une représentativité. Une place dans la société donc, ce qui est loin d’être négligeable.
Selon les auteurs encore cette réforme serait financée à ressources constantes et immédiatement applicable puisqu’elle ne coûterait “que” 4% du PIB contre 4,2% actuellement pour toutes les mesures concernant l’emploi. Une autre mesure principale serait de remettre la gestion de ces contrats entre les mains des responsables locaux puisque “c’est d’ailleurs l’échelon démocratique qui, aujourd’hui, inspire le plus confiance aux Français.”
La conséquence induite, d’un intérêt évident, est que la collectivité aura tout intérêt à trouver rapidement des emplois pérennes aux demandeurs d’emploi puisque le cas échéant c’est elle qui devra en assumer la charge et que les élus locaux porteront la responsabilité de leur politique de l’emploi devant les électeurs.
En conclusion de leurs propositions, je cite de nouveau :
Ce programme ambitieux – rien de moins que la fin du chômage – n’est pas irréaliste. Il suppose des choix clairs : la reconnaissance du statut de “recherche active”, la focalisation plutôt que le saupoudrage, l’efficacité plutôt que l’empilement des dispositifs, l’écoute et la prise en compte des besoins de chaque personne plutôt que la conception d’outils basés sur un “chômeur moyen”.
Après ce programme, la société française changerait de nature.
Je dois reconnaître que ce programme est intéressant, que la proposition, même si elle n’est pas nouvelle selon leurs auteurs, est ambitieuse. Néanmoins je crois qu’elle ne répond pas intégralement à la situation. En effet, elle ne tient pas compte du déficit d’emplois. Le gisement d’emplois à pourvoir n’est que de quelques centaines de milliers. En les rapportant aux 5 millions de chômeurs, elle nécessiterait de créer plus de 4 millions de postes. J’ai du mal à imaginer où il deviendra possible de le faire. Elle ne tient non plus pas compte de l’évolution technologique qui conduit à diminuer les emplois en plus grand nombre qu’elle n’en crée. D’autre part, elle n’intègre pas, si ce n’est par leur seule bonne volonté, les employeurs privés. Si la réalité qu’ils décrivent, selon leurs représentants, est avérée, c’est à dire que le coût de la main d’oeuvre en France est si exorbitant qu’il leur faille délocaliser, je ne vois pas dans ces propositions ce qui les conduirait à y renoncer.
Ces bémols, et non des moindres bien que je trouve cette avancée dans le traitement social du chômage considérable, m’amènent à pousser plus loin le raisonnement en passant du contrat d’évolution proposé par les auteurs au Revenu d’Existence Collective que je développerai sur le prochain billet.
En attendant, n’hésitez pas à consulter le document, à vous rendre sur leur site et à laisser vos commentaires et réactions sur leur blog. Je suis entré en contact avec Vincent Champain et je pourrai lui faire part de vos remarques constructives et de l’évolution de nos discussions.
La réflexion continue, la solution pourrait bien être en passe d’être élaborée.
Thomas,
Je vais poster un autre article qui fusionne certains de leurs postulats et des idées qui germaient dans mon esprit depuis que je réfléchis à comment compenser les carences sociales de notre système. Je mets cet article en ligne dans quelques minutes.
PS : après avoir posté mon article, j’ai lu le texte que vous avez indiqué. Effectivement, entre ce texte et mes propositions sont très minces mais je crois que la mienne comprend une innovation majeure qui est celle de ramener la compétitivité des entreprises.
Vu sur le site
http://www.actuchomage.org
Des mythes autour de l’emploi
En dehors d’un contexte bien particulier, la “croissance” ne crée pas d’emplois.
Seule une réduction ample, immédiate, impérative du temps de travail, associée à une extension du secteur public (qui ne se limite pas aux fonctionnaires) et du secteur coopératif, permet de résorber les 5 800 000 chômeurs réels (en équivalent temps plein).
Depuis plus de quarante ans le chômage n’a cessé d’augmenter, excepté pour de rares périodes. En 1964 la France comptait 251 400 chômeurs, au sens du Bureau International du Travail (BIT) et en moyenne annuelle, pour 19 709 600 personnes actives occupées (ayant un emploi).
En 1992, pour une croissance de la valeur ajoutée de 1,17 %, l’emploi a diminué de 136 100 (-179 700 en emplois réels, du fait d’une forte progression de l’emploi à temps partiel) alors qu’en 1991, pour une croissance voisine (1,10 %), l’emploi a augmenté de 45 500 (+67 100 emplois réels).
En 1994, pour une croissance forte de 2,75 %, l’emploi a diminué de 8 900 (-95 600 emplois réels) car la productivité a augmenté davantage (2,79 %) pour une durée annuelle identique du travail. En 1995, avec une croissance plus faible (2,10 %) de la production, l’emploi a augmenté de 268 000 (+201 600 en réel, forte augmentation du temps partiel) car la productivité a très peu augmenté (0,88 %) pour la même durée du travail.
Au début des années 70, la croissance était sensiblement supérieure à celle d’aujourd’hui. De 1970 à 1974, en quatre ans, la valeur ajoutée a progressé de 18,83 % et la productivité de 19,15 %, valeur légèrement supérieure. Si l’emploi a cependant progressé de 742 000, soit 3,60 %, c’est que la durée annuelle du travail a diminué de 3,73 % (de 1821 à 1753 heures). Le chômage a malgré tout augmenté car la population active progressait plus vite que la création d’emplois.
Ce n’est donc pas une forte “croissance” qui crée de l’emploi mais une différence positive importante entre la croissance de la production et celle de la productivité, comme pour les années 1988-89 (1,5 %) et dans une moindre mesure 1987 et 1990, ou une forte diminution de la durée du travail, comme entre 1970 et 1974.
Pour une durée constante du travail, seule une évolution de la valeur ajoutée supérieure à celle de la productivité entraîne une création nette d’emplois (nombre d’emplois créés, à durée du travail identique, supérieur à celui des emplois détruits). Plus généralement, l’évolution de la valeur ajoutée est égale au produit des évolutions de la productivité, de la durée du travail et de la population active occupée. Autrement dit, l’emploi (population occupée) augmente uniquement si la production (valeur ajoutée) augmente plus vite que le produit de la productivité par la durée du travail.
En 1994, malgré une croissance importante de la production (2,75 %), 8 900 emplois ont été perdus. La perte d’emplois réels est de 95 600 du fait de l’augmentation de 219 200 des emplois à temps partiel.
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Un autre mythe aussi se développe selon lequel, à partir de l’an 2006, la population active diminuerait, résolvant ainsi le problème du chômage. Effectivement, selon les projections de l’Insee et dans l’hypothèse moyenne, la population active atteindrait un sommet en 2006 (ou 2010 - 2012 selon des estimations plus récentes). Ensuite, la population active diminuerait d’abord très lentement (251 200 en moins après dix ans), puis lentement pour ne retrouver qu’en 2032 le niveau de 1996 et en 2040 celui de 1994. C’est une imposture de présenter ce facteur bien modeste comme une solution naturelle au chômage ... très partiellement et dans quarante ans.
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Enfin, ce ne sont pas les salariés payés au voisinage du smic qui coûtent trop cher aux entreprises. Le décile (10 %) des salariés les moins payés représente 4,9% de la masse salariale, alors que le décile des salariés les mieux payés représente 22,7 % de cette même masse, soit 4,63 fois plus. D’un autre point de vue, le salaire minimum du centile (1 / 100) le plus élevé des salaires, est 7,60 fois supérieur au salaire maximum parmi les 10 % de salaires les plus faibles. ... Comme on le constate, les “personnels non qualifiés” ne sont pas la cause principale des “trop lourdes charges salariales” des entreprises.
Pour plus d’informations, voir à cette adresse :
http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm
Vu sur le site
http://www.actuchomage.org
Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage
Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).
Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l’avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).
Voir cet article :
Gains de productivité du travail - 1997-2003
http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm
En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.
D’autres articles intéressants sur le site
http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm
comme “Des mythes autour de l’emploi”,
“Chômage officiel et chômage réel en 2005”,
“Le modèle libéral britannique : emploi et chômage” ....
Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.
La croissance économique ne stimule pas automatiquement l’emploi, au cours des dix dernières années, l’économie mondiale a progressé de 4,1%, alors que le taux de chômage a augmenté de 11% dans le même temps.
C’est une très bonne idée en effet. Cela me rappelle le revenu citoyen (RC) qui est l’idée que j’ai lue dans un livre écrit par un membre de ATTAC… il y a une autre version ici: http://www.yhad.org/propositions/revcitoyen.pdf
je pense que vous pourriez vous rapprocher des auteurs de cette idée !!
il y a ce petit plus dans votre idée qui est de faire une sorte de “contrat de recherche d’emploi”. Cela me semble judicieux, on pourrait meme pousser le concept assez loin, par exemple en donnant des bonus d’indemnités à ceux qui passent beaucoup d’entretiens et envoient beaucoup de CV, ou malus dans le cas inverse, etc..
ensuite, l’élections de représentants des chomeurs (qui avec 4-5 millions de personnes seraient la plus grosse entreprise de France) etc