Jacques Attali et Vincent Champain ont chiffré leur proposition et en ont conclu qu’elle ne couterait pas plus cher à la collectivité que le cout actuel des traitements sociaux induits par le chômage. J’ai choisi de me baser sur la viabilité de leur proposition concernant le cout mais je cherche à pousser plus loin le raisonnement et tenir compte aussi des entreprises dans la mesure où elles sont impliquées et parties prenantes en premier lieu dans le problème du chômage. En ce sens, l’idée que j’exprime ici exprime un raisonnement global, citoyen et non plus seulement ciblé sur les seuls chômeurs.
Le Revenu d’Existence Collective :
Ce revenu serait un revenu attribué par la collectivité à tout citoyen français jusqu’à sa mort. Comme dans la proposition Attali-Champain il regrouperait toutes les aides sociales inhérentes au traitement du chômage cependant il aurait des effets induits beaucoup plus considérables. En effet, ce revenu ne serait pas soumis à la situation du citoyen vis à vis de l’emploi mais inhérent à sa citoyenneté. En compensation de ce revenu pour ceux qui choisiront de ne pas exercer d’activité privée ils intègreront le secteur que j’appellerai le secteur quaternaire.
Le secteur quaternaire :
Ce secteur regrouperait toutes les activités n’ayant pas pour objet d’être rentables. On pourrait y classer l’art, les services à la personne, l’amélioration du domaine public, la politique, etc. On peut par secteur calculer le nombre d’heures annuelles nécessaire à l’amélioration du service public.
Je vais prendre l’exemple de l’enseignement : Les directeurs d’écoles, les proviseurs mais aussi les enseignants se plaignent qu’avec la réduction des effectifs leur sont imposées des tâches qui ne relèvent pas exclusivement de leurs attributions. On peut aussi estimer qu’il manque des surveillants. Ces heures sont quantitativement chiffrables. En faisant le décompte de toutes ces heures nécessaires par année il deviendra facile de déterminer le nombre d’heures de travail collectif à exiger des citoyens relevant du REC ayant choisi de ne pas exercer dans le privé. Les conditions d’attribution de ces tâches restent à définir en fonction des compétences mais cela ne me semble pas incohérent. D’autre part c’est ainsi que se justifie son attribution : c’est bel et bien un revenu d’existence collective et non individuelle. Pour disposer de ce REC le citoyen devra signer un contrat à durée indéterminée l’engageant à tenir sa responsabilité envers la collectivité dans le cas où il choisisse de s’y consacrer et dans le cas où il choisit d’exercer une activité il devra la justifier.
Les modalités d’attribution du REC :
Les citoyens seraient tous égaux devant le REC. Pour ne pas défavoriser les familles ayant des enfants par rapport aux autres il conviendrait d’attribuer pour chaque enfant dès la naissance un REC progressif jusqu’à sa majorité, date à laquelle il disposera de son intégralité. À cette date il pourra alors choisir, soit de gérer son REC pour se lancer dans la vie indépendante, soit de poursuivre ses études en laissant la gestion de son revenu à ses parents. Les conditions nécessaires pour l’attribution du REC sont la nationalité française et l’activité, qu’elle soit privée ou collective.
Les effets induits du REC :
Le REC étant attribué à vie à tous les citoyens, ceux-ci n’auront plus peur du chômage et ne seront donc plus à la merci de décisions économiques de leurs employeurs imposées par la rentabilité. C’est l’aspect psychologique mais je vais poursuivre sur les effets induits sur la rentabilité des entreprises. En effet, ce REC diminuerait d’autant les salaires. Je vais prendre un exemple mais je vous prierai de ne pas vous arrêter sur l’exactitude des chiffres puisque je ne suis ni gestionnaire, ni comptable ni économiste.
Partons du principe qu’aujourd’hui, pour avoir une vie sociale un minimum décente, il faille disposer d’un revenu équivalent au SMIC que j’arrondirai à 1000€ nets. Pour les salaires les plus faibles il faudrait calculer une progressivité de leur diminution mais à partir d’un certain seuil minimum (1,5 fois le SMIC) on permettrait alors aux entreprises de diminuer du SMIC tous les salaires.
Pour les entreprises :
Ainsi un salaire de 2000€ avant le REC descendrait à 1000€ après et le pouvoir d’achat du citoyen n’en serait pas modifié puisque, salarié ou non, le REC serait un droit. La baisse générale des salaires permettrait alors aux entreprises de revenir à un niveau de compétitivité tel que la nécessité de délocaliser leurs emplois sur d’autres territoires deviendrait quasiment caduque. Les investissements et créations d’emplois seraient relancés à très court terme.
Pour la société :
Les bénéfices pour la société sont multiples et non exhaustifs. Outre l’amélioration de nos conditions de vie collective par les activités d’échange, l’économie nationale se trouverait fortement relancée quasiment immédiatement. Le retour sur notre territoire de la fabrication de produits jusqu’ici nécessairement importés permettrait par simple effet de balancier de ne plus importer d’autant. D’autre part, ce REC serait imposable sur le revenu et l’assiette serait élargie à toute la collectivité nationale. La retraite ne serait plus en danger puisque le REC s’y substituerait et la couverture sociale ne souffrirait plus de déficit chronique puisque tout le monde y cotiserait sans exceptions non plus. Les allocations familiales comme les différentes aides à la scolarité ne seraient plus nécessaires puisqu’intégrées à ce revenu, etc.
Autre considération à prendre en compte : les salaires ayant alors très fortement diminué et le REC n’étant accessible qu’aux citoyens, les effets sur l’immigration seraient alors très dissuasifs sans pour autant agir de façon discriminatoire puisque les revenus du travail restent accessibles aux résidents étrangers mais beaucoup moins incitatifs pour ceux immigrant clandestinement des pays les moins développés.
Pour le citoyen :
Il est évident que l’emploi ne doit pas être découragé et ce serait le cas puisque que le REC ne peut être supprimé ou diminué. Ainsi tout salaire proposé par un employeur viendrait en supplément, incitant toujours ceux qui ne veulent pas se contenter de ce revenu à travailler pour améliorer leurs conditions de vie. Les avantages pour les conditions de vie ne seraient pas négligeables non plus en termes de flexibilité de l’emploi puisque les entreprises pourraient alors trouver plus facilement des citoyens proches de leur lieu d’exercice disposés à ne travailler que quelques heures ponctuellement ou de façon dispersée dans la semaine.
L’évolution du montant du REC :
Le REC serait évalué chaque année en fonction de la santé économique du pays. Ainsi, une fois établi son montant initial et le pourcentage qu’il représente par rapport aux rentrées financières du pays, ce taux serait conservé. Dans le cas où les citoyens se laisseraient tenter en masse vers le choix de l’activité collective non productrice de richesses le produit économique du pays s’en ressentirait immédiatement en diminution, et le niveau de vie des citoyens diminué d’autant. Le REC aurait donc pour principe fondamental la bonne santé économique de notre pays. Il serait, par l’activité choisie, notre conscience collective.
Conclusion :
Je ne suis pas en mesure de chiffrer concrètement une telle proposition mais je ne pense pas qu’elle soit incohérente et je n’y vois aucun obstacle majeur constitutionnel (au contraire), politique ou technique. Je n’y vois rien qui bafoue l’égalité ou qui provoque une quelconque discrimination et une mise en place progressive ne devrait pas rencontrer d’obstacle majeur. Je ne suis évidemment pas en mesure d’y discerner objectivement des effets pervers possibles puisqu’elle émane de mon propre esprit. Les discussions que j’ai pu avoir à son sujet avec Gaëlle qui est gestionnaire et comptable n’ont fait apparaitre aucune ineptie. Par ailleurs, elle tente d’en établir une évaluation approximative afin justement d’y en faire apparaitre une.
La e-Cité aujourd’hui ne dispose pas en son sein d’expert suffisamment qualifié pour en modéliser la viabilité et je le regrette. Cependant je serais ravi de commentaires faisant apparaitre une faille dans mon raisonnement.
>C’est bel et bien un revenu d’existence collective et non individuelle.
L’idée me plaît mais dans une société de plus en plus individuelle et égoîste est-ce possible?
Aurélien,
Il n’y a rien dans cette proposition qui puisse freiner des initiatives individuelles. En l’occurence ce ne serait pas les revenus du travail qui financeraient le REC mais la collectivité. D’autre part le système finirait par s’autofinancer tout en diminuant fortement les taxations sur les entreprises.
Sur l’article suivant publié il y a quelques minutes nous avons tenté d’en simuler une approche économique.
Bonjour José,
Votre idée est séduisante et me rappelle beaucoup ce que les suisses pratiquent. Alors, bien sûr il est difficile d’appliquer à un pays comme la France une solution suisse qui est un pays fort différent du notre. Cependant nous pourrions considérer la suisse comme un laboratoire à étudier.
Je ne maîtrise pas assez les éléments économiques et financiers d’un tel projet, je crois qu’un collège d’expert devrait s’en enparer. LA zone de risque que je vois se situe sur le volet financier, notamment pour l’état et les régions car ce système aurait un impact vraisemblable sur la taxe professionnelle, les charges versées par ‘lentreprise etc…
Alrs dans quelle proportion, la consommation, les imots directs et le cout du marasme social peut venir équilibre la situation, c’est peut être là la vraie question.
Au plaisir de vous lire.
et vive notre chère Bretagne...!
Amicalement.
Geoffroy VILBERT.
Geoffroy,
Merci de votre point de vue.
Je crois en effet que le problème est bien d’arriver à évaluer l’impact d’une telle proposition sur la relance économique et la consommation. J’ai soumis ma proposition à Vincent Champain, l’économiste qui a travaillé avec Jacques Attali. Je ne sais pas s’il y répondra mais il est vrai que pour juger de la viabilité d’une telle proposition qui bouleverserait le système actuel, il faudrait, comme vous l’écrivez, justement une batterie d’experts.
Salut breton.
Bonjour,
Nous venons de reprendre votre article , en citant votre site, Cela est très intéressant, car sur Pessac nous venons de faire en octobre une semaine de l’économie solidaire où a été abordé le sujet du Revenu d’existence avec un philosophe Jean Zin habitant du côté de Figeac.
Voir aussi son site sur: http://jeanzin.free.fr
Encore merci pour une preésentation aussi détaillée, nous continuerons en 2006 sur ce sujet à developper avec des initiateurs ce projet.
Bien cordialement à vous et à tous nos amis de Bretagne.
Archissi.
Archissi,
Merci pour votre commentaire et pour la mise en valeur du REC sur votre site. Le travail dans nos sociétés occidentales développées devient une “denrée” rare, il va donc très vite devenir impératif selon moi de trouver un autre modèle que celui du “tout-travail” qui devient à l’heure actuelle, malheureusement, plus une variable d’asservissement que de développement.
José,
J’ai regardé votre proposition pour le REC qui me semble en première lecture avoir des avantages mais aussi des inconvénients potentiels. Mais il ne s’agit que d’une première lecture…
Si j’ai bien compris, il s’agit de regrouper sous un seul type revenu accessible à tous ( le REC ), toute la variété actuelles des financements sociaux de tous les citoyens de nationalité française en âge de travailler ou non, le cas des enfants scolarisés et des étudiants étant traité de manière particulière.
On peut donc écrire la relation approchée Budget disponible pour le R.E.C. = RMI + Allocations Familiales + Aide au Logement + Indemnités chômage ASSEDIC + Indemnités retraite Sécurité Sociale ( hors complémentaires )
Ce budget serait financé par une masse financière égale à l’ensemble des prélèvements actuels tant sur les personnes physiques que sur les personnes morales employeurs ( thèse Attali ).
Ce prélèvement sur l’activité réelle serait remplacé par un système mutualisant l’effort sur non plus les seuls salariés actifs mais sur l’ensemble des revenus ( actifs et inactifs ) constitué par
- un complément de l’impôts sur les sociétés, qui à l’occasion verraient par ailleurs disparaître les charges partronales équivalentes,
- d’un complément de l’impôt sur les personnes physiques alors étendu à tous les citoyens actifs ou non actifs, mais qui verraient pour les seuls salariés disparaître également les prélèvements sociaux de base.
La masse financière ainsi prélevée sur l’économie au travers de l’impôt serait répartie de manière égalitaire sous forme d’une somme unique ou REC versée à chaque homme et femme de nationalité française à compter de sa naissance, une modulation à la baisse étant réalisée pour les enfants et jeunes gens étudiants.
Ce revenu minimum d’existence garanti serait bien évidemment déduit du montant des seuls revenus salariaux, ce qui aurait pour autre effet de diminuer “ à revenu constant “ pour les salariés actuels, la pression salariale directe sur les entreprises.
Cela rendrait, selon l’analyse, le coût du travail en France, brutalement très compétitif, en particulier pour les bas et moyens salaires…
L’exercice est intéressant mais il pose plusieurs questions non négligeables, me semble-t-il, quant aux modalités réelle de son application.
1/ Comment faire pour que ce REC ne pousse pas la majorité des personnes dont les besoins personnels sont naturellement faibles, à ne pas “ s’endormir sur leurs lauriers “ et à “ se laisser vivre “ ?
2/ Si la contrepartie pour le bénéficiaire de ce revenu de type “rente” est d’être obligé de travailler pour la collectivité, comment et selon quelles modalités non conflictuelles se fera le rapprochement entre le “poste collectif” demandé par les collectivités et le souhait personnel du citoyen tenu à une sorte de STO ( service de travail obligatoire )?
Qui en sera le juge et arbitre, si l’attrait du gain ou d’un salaireélevé n’est plus au rendezz-vous ?
3/ Qui désignera le volume acceptable par la collectivité des postes publics mis en contrepartie de ces citoyens contraints au travail d’intérêt obligatoire ? La tentation pourrait être grande de créer de tels postes dont seuls les bénéficiaires et les collectivités publiques ne seraient, au final, que les seuls décideurs de la création, entrainant en boucle un besoin de financement plus fort risquant de “ fonctionnariser” mais dans le mauvais sens du terme une grande part de la population ?
etc.
La formule a l’énorme avantage de la simplicité et d’une baisse immédiate et façiale du coût du travail. Au delà du financement réel, qui est un véritable travail d’experts, il serait intéressant d’imaginer quelles pourraient en être les déviances potentielles, car, au fond, l’Homme reste l’Homme et si c’était devenu un Ange cela se saurait…
Les difficultés de toutes les solutions de remplacement du système actuel me semblent principalement être de type “comportemental” bien plus que “financière”, ne croyez-vous pas ?
Vous ai-je bien compris ?
HPS
José -
Henri-Paul Soulodre a soulevé plusieurs questions qui m’étaient également venues, donc j’attend avec intérêt ton commentaire. Je pense en particulier à la garantie d’atteinte de cette “masse critique” de gens qui ne se contenteront pas du “REC” afin de permettre au système de s’auto-suffire.
Par ailleurs, écrire “Les conditions d’attribution de ces tâches restent à définir en fonction des compétences mais cela ne me semble pas incohérent.” me paraît un peu léger. Cela veut dire que le secteur quaternaire ne pourrait proposer que des activités peu qualifiées afin de pouvoir être accessible à tout le monde.
Une question : pourquoi mettre en place un impôt sur le revenu pour la partie REC des revenus, dans la mesure où c’est l’Etat même qui verse ce revenu et qu’il est le même pour tous ?
Enfin, pour terminer et comme je te l’ai d’ailleurs fait remarquer (sans réponse de ta part) par e-mail, ce qui me gêne aussi beaucoup dans ce système est la toute puissance de l’Etat, qui a clairement montré ses limites de capacité d’autogestion. Je pense qu’au-delà d’une certaine taille, une organisation étatique n’est plus viable. Et dans ton système, tout citoyen joue le rôle de fonctionnaire par son action d’intérêt public. Avec un tel rôle central, je serais bien étonné que l’Etat ne tombe pas dans la corruption et la bureaucratie, même avec des garde-fous. C’est dans une certaine mesure lui qui a causé la perte du communisme, qui est pourtant une bien belle doctrine ... sur la papier.
Smop
Henri-Paul,
Merci pour ce commentaire très pertinent auquel je vais tâcher d’apporter des réponses constructives que je formule petit à petit dans mon esprit au fur et à mesure des discussions s’engageant avec des interlocuteurs tels que vous.
1) Le REC serait indicé sur l’état de santé économique du pays, il agirait en quelque sorte comme une conscience collective. Le problème que vous soulevez existe déjà aujourd’hui pour ceux qui ont cet état d’esprit avec les indemnités chômage (chômage dit volontaire) ou avec le RMI : certains allocataires aux besoins personnels excessivement faibles s’en contentent tout à fait sans aucune obligation sauf celle de justifier d’un domicile. Dans le cas du REC il s’agirait d’une forme de CDI, ce qui entraînerait, en cas de non acquittement des tâches collectives, une rupture de contrat de fait.
2) J’imaginais une sorte de formulaire à remplir pour l’attribution du REC avec un système de compétences à cocher : petit jardinage, rédaction de courriers, mises sous plis, nettoyage de la voirie, animations, surveillant de collège, etc. Certaines de ces activités relevaient par ailleurs des emplois jeunes qui ont été récemment réhabilités. De telles activités constitueraient une expérience professionnelle et la masse de ces activités n’exigeant pas un temps plein de tous (sinon pourquoi tant de chômage ?), elles laisseraient du temps disponible pour postuler à des emplois plus “valorisants” dans le secteur privé. Chacun serait tenu d’en cocher un certain nombre. En effet, cela exigerait autant un effort d’adaptation de la collectivité à la demande que l’inverse puisque l’on pourrait imaginer restreindre le nombre d’activités concernées selon les périodes. Cela a pendant très longtemps pu se faire pour le Service national, je ne pense pas que ce soit impossible au niveau d’une collectivité locale. Le Service national n’était pas considéré comme un STO, le REC le serait d’ailleurs encore moins parce qu’il resterait toujours la possibilité aux marginaux de notre société de ne pas s’y inscrire. D’autre part dans nos sociétés occidentales il faut intégrer que le travail ne constitue pas seulement un facteur de richesse (de moins en moins) mais un facteur d’intégration sociale. Je ne crois pas que cela changerait.
3) Le secteur quaternaire regrouperait les activités non rentables, ou non marchandes. En ce sens, certaines activités administratives de la collectivité pourraient y être intégrées telles que certaines commissions paritaires aujourd’hui des ASSEDIC, par exemple, qui statuent sur un dossier d’ASS ou un RMI. On peut donc tout à fait envisager de créer une telle commission paritaire citoyens/administratifs professionnels déterminant collégialement l’issue d’un dossier de REC motivé. De telles commissions devraient éviter les dérives de “fonctionnarisation” que vous imaginez et il existe déjà des mécanismes de contrôle du fonctionnement des institutions (type Cour des Comptes).
À mon sens, Henri-Paul, les comportements déviants ne seraient pas aggravés par le REC mais similaires à ce que l’on peut constater aujourd’hui avec les traitements sociaux. Certains, même s’ils constituent une minorité, cumulent RMI ou indemnisations chômage et travail au noir, d’autres profitent des RTT pour ce faire, mais je reste persuadé, pour connaître ce genre de phénomènes, qu’il s’agit de comportements guidés majoritairement par la nécessité. Comme vous l’écrivez justement l’Homme reste l’Homme, ni Ange ni Démon même si on peut estimer que métaphoriquement il en existe.
Cependant je ne peux m’empêcher de penser à la générosité et l’honnêteté générale : nous faisons partie des pays où le nombre de bénévoles est proportionnellement parmi les plus élevés par habitant. Nous faisons aussi partie des peuples donateurs les plus généreux lors de grandes causes le nécessitant (souvenons-nous du Tsunami en Asie du Sud). À titre personnel, je suis chômeur et ne dispose d’aucun revenu mais je me suis refusé à faire une fausse déclaration de vie seule parce que j’estime que d’autres ont plus besoin que moi de bénéficier de notre solidarité collective avec une ASS ou un RMI. Non pas tant, pour reprendre votre propos, que je me croie un Ange mais surtout que je ne me sens ni plus ni moins malhonnête que la très grande majorité de nos concitoyens.
Le problème de “déviance” comportementale a été à mon sens initié par les institutions : la Constitution française exige de tout citoyen le devoir de travailler et lui octroie en retour le droit d’obtenir un emploi. Le cas échéant, si les conditions économiques du pays par exemple ne le permettent pas, elle lui garantit les moyens d’une vie décente. Ces devoir et droit, inaliénables dans l’esprit de la Constitution ne sont pas respectés dans bien des cas actuellement. En ce sens, quelqu’un qui travaille au noir ne fait-il que remplir son devoir…
Smop,
J’ai tâché de répondre aux commentaires de Henri-Paul.
Le fait d’imposer le REC permet de rétablir l’assiette de l’impôt sur toute la population, c’est le principe de solidarité proportionnelle. L’État n’aurait pas seulement besoin de fonctionner que pour le REC.
Par contre, Smop, pour ton mail auquel je n’ai pas répondu je suis perplexe. Je te renvoie la dernière réponse que je t’ai adressée. Si tu m’as envoyé un courriel ensuite, je ne l’ai pas eu.
Bien sûr que non ! Le travail au noir est toujours une manière de “sortir de la société” et pas de la “respecter”. Toute la différence est dans la “fréquence” car s’il existait à dose homéopathique on pourrait considérer qu’il constitue une sorte “d’exutoire règlementaire” et de “petite économie de circonstance” et ne fausserait pas l’esprit des institutions sociales. Las, lorsqu’il devient quasi systématique et professionnellement organisé, il s’apparente à du “banditisme” voire à un résidu maffieux proche de celui qui perdure dans certains PVD…
J’ai lu avec intérêt les réponses et j’y souscris souvent même si je ne partage pas complètement l’optimisme sur “l’honnêteté intrinsèque” de l’Homme… Je pense que le concept du Diable “ tentateur “ est toujours présent même dans les pays qui se disent évolués et que les “moutons ont toujours besoin d’un berger"…
Par contre, s’il existait un système plus moderne qui soit capable d’encadrer tous les chômeurs, de les motiver et de les supporter, quitte à ce que les comportements un peu trop manifestement déviants soient observés et régulés, le principe du SEC me semble pouvoir être applicable.
D’ailleurs, en parallèle avec l’idée de SEC, je travaille sur une hypothèse en terme de “système économique” que j’appelle pour l’instant ANSE ( Agence Nationale de Services aux Entreprises) qui serait l’employeur en dernier ressort évoqué puisque qu’elle serait en fait l’employeur des tous les chômeurs indemnisés qui par son intermédiaires resteraient aainsi pendant toute la période d’activité potentielle dans un statut de type salarié qui reste à préciser.
Il me semble exister ainsi une synergie entre le REC et l’ANSE, l’un étant le système de financement et de justification des activités non directement solvables en terme d’équilibre de marché et l’autre constitutant la “structure d’accueil et de management de la population de ces chomeurs-salariés “…
Voir une prochaine tribune à ce sujet sur le site du CDV à l’examen par MU.
HPS
Henri-Paul,
J’espère que vous aviez compris que mon allusion au travail au noir relevait du second degré…
Je serai ravi de lire votre proposition concernant l’ANSE, effectivement il pourrait bien y avoir synergie entre cette proposition et la mienne ou celle d’Attali-Chambain.
A mon avis, même si cette solution peut paraître séduisante de prime abord, elle fait l’impasse sur la cause principale du chômage. Je pense que le chômage est voulu et organisé de manière à faire baisser le “coût”, c’est à dire le prix du travail. Vouloir s’en sortir en baissant encore le “coût” du travail c’est comme se jeter à l’eau pour s’abriter de la pluie.
Faire payer par la collectivité ce qui doit être payé par les entreprises, est-ce que ce n’est pas le comble de l’assistanat ?
Nous en sommes arrivés au point où le salaire d’un ouvrier ou celui d’un employé ne leur permettent plus de faire vivre une famille. Même s’il n’y a pas de solution miracle, il y a sans doute à creuser du côté des augmentations de salaire.
En tout cas merci d’ouvrir le débat.
Jean,
Merci de votre commentaire.
Sur ce que vous exprimez j’exprime aussi mes doutes sur mon blog personnel.
Voir sur Campus liber (http://campusliber.laecite.org) et le sujet récent sur : Le chômage : contrôle des masses ?
Vous pourrez y lire que je rejoins vos interrogations.
Bonsoir José et tous les autres ...
Je me présente : Jacques Heurtault, agent de l’ANPE, auteur d’un blog dont le titre est : http://www.propositions-audacieuses.net par ailleurs plus ou moins engagé dans l’action politique (actuellement conseiller municipal d’une ville de 30 000 habitants).
J’ai bien lu votre exposé, José. Je vous prie de bien vouloir m’excuser car loin de moi l’intention de vous blesser. Au contraire, je veux vous encourager à perséverer. Cependant, j’arrive à la conclusion que votre proposition est “invendable”. Vous ne parviendrez pas à convaincre un nombre significatif de citoyens du bien fondé de votre démarche.
Puisque nous nous connaissons un peu depuis quelques jours, je vous invite à retourner sur mon blog dans le chapître “allocations” et plus spécialement dans les articles qui traite du sujet “Allocation Unique d’Existence”. Ma proposition ne repose pas sur les mêmes valeurs. Je comprends de la vôtre que, au fond de vous-même, vous avez du mal à accepter que l’on puisse recevoir quelque chose sans aucune contrepartie autre que le fait d’exister, de vivre. Ne me dites pas le contraire : j’ai une grande habitude du contact avec les gens. Déjà, bien avant d’être agent de l’Anpe, j’étais syndicaliste et j’ai consacré beaucoup de temps à écouter les gens et à gérer des contradictions de cadre néanmoins soucieux du bien-être des autres et devant donc ne pas donner suite à tout ce qui était exprimé.
Si vous voulez rassembler autour de vous, il faut TOUJOURS être SIMPLE dans son exposé. C’est DIFFICILE!
Ma “proposition audacieuse” (pour laquelle je n’ai aucune paternité) repose sur le constat que environ 80% du revenu distribué n’est pas la contrepartie DIRECTE et IMMEDIATE du travail ...
Cependant, nous ne sommes pas collectivement prêts à assumer le fait que notre pays et notre civilisation sont désormais assez riches pour pouvoir payer cette allocation unique unique d’existence. Dans notre civilisation judéo-chrétienne, la rémunération DOIT être associée, d’une façon ou d’une autre, à une contrepartie de travail ou d’activité responsable. Si nous parvenons à surmonter cet obstacle, tout le reste n’est que de la technique comptable.
Aussi, plutôt que de nous demander ce que nous devons faire pour vaincre cette résistance, demandons comment nous allons mettre en oeuvre le dispositif COMPTABLE qui permet le passage d’un état à un autre. Pour cela, il faut AFFIRMER l’objectif : d’ici à dix ans, parvenir à la mise en oeuvre, pour tous les enfants, de cette allocation unique d’existence. Pour la suite, on verra : il n’est pas interdit d’amorcer le processus mais il faut savoir que c’est techniquement et politiquement impossible à réaliser pour tout le monde dans les dix ans qui viennent. Alors que c’est sans problème pour les “mineurs” (moins de 18 ans).
Gaëlle, habituée des chiffres et des masses financières, peut vous aider à élaborer la démarche.
Je vous en suggère une : dès la mise en place d’un gouvernement acquis à cette notion, toutes les femmes enceintes reçoivent pour le bébé qu’elles portent, cette allocation unique d’existence (AUE) et cette allocation est également versée aux parents pour les bébés nés l’année qui précède. EN CONTREPARTIE, TOUTES les aides financières versées à quelque titre que ce soit à ces mêmes femmes sont SUPPRIMEES.
Vous la couplez avec la mise en place, à l’autre bout de la chaîne, de la même allocation pour toutes les personnes agées de plus de 75 ans. En contrepartie, pour ces personnes, tous les minimas sociaux (notamment le minimum vieillesse mais aussi le RMI ...) sont supprimés.
A chaque année, vous incrémentez l’application du dispositif d’une année. Pour les enfants il y a donc tous ceux qui l’ont déjà et qui la gardent plus ceux qui ont un an de plus. Pour les personnes agées, il ya tous ceux qui l’ont déjà plus ceux qui y entrent de par la règle PLUS CEUX qui ont UN AN DE MOINS (74 ans, donc ...).
Je pense que vous me suivez.
Il faut maintenant faire le recensement de ces aides en tout genre (il y a au moins 24 allocations différentes versées par la CNAF. VINGT QUATRE!!! Moi-même, en tant qu’agent public, je reçois un supplément familial de 2,29 euros par mois parce que j’ai un enfant à charge de moins de 18 ans!! COMBIEN COÛTE la gestion de ce supplément tellement dérisoire qu’il en devient grotesque?
Vous ai-je convaincu?
Mon petit doigt me dit que oui ...
Une dernière suggestion : si vous êtes amenés à faire un commentaire addititionnel, faites un copié/collé dans la partie commentaires relative aux deux articles que j’ai déjà publié sur le sujet. D’ici là, j’aurai peut-être le temps de publier un troisième article ...
Bonne nuit ...
Bonjours à tous,
Je trouve l’idée de base très intéressante mais il faut dire que j’y vois aussi des problèmes :
- REC aux citoyens de nationalité française…que faites vous des travailleurs légalement entré sur le territoire il y a des années déjà ? Une sous-classe de gens, des esclaves modernes ? En effet, si le patron ne doit payer que 1’000 € au lieu des 2’000 à un français il va automatiquement licencier celui à qui il devrait payer le double…
- Tous égaux devant le REC… Les charges fixes ne sont pas égaux dans le pays ; dans les grandes villes les loyers sont bien supérieurs à ceux pratiqués dans la “France profonde”
- Pour l’attribution du REC… “sont la nationalité française et l’activité, qu’elle soit privée ou collective”. Ceci est contradictoire car vous le dite vous-même : “Le travail dans nos sociétés occidentales développées devient une “denrée” rare” ! Que fais-t-on des SDF ? Des handicapés, des drogués, des alcolos des malades chroniques ?
- STO (service de travail obligatoire) ? Ceci me fait penser à une tutelle… où a un crédo : Arbeit Macht Frei et est de très mauvais augure !
- Le problème de “déviance” comportementale “s’endormir sur leurs lauriers” et à “se laisser vivre” montre bien combien l’évolution de la pensée est encore longue… et combien le fait de montrer du doigt autrui est encore très présent dans notre société. Il y a toujours eu des gens n’aimant pas le travail ni l’engagement, aujourd’hui ils sont “cachés” mais il y a aussi bien des gens ne pouvant pas simplement rester “enfermés” entre leurs 4 murs !
La réflexion en soi est bonne mais ne faudrait-il pas s’arrêter à une base plus basse que la moitié d’un salaire ? Le minimum vital de la région avec en prime le minimum social (tout être humain a droit à une vie digne) et cela indépendamment du travail et de son salaire… il n’est en effet pas correct de subventionner les patrons et actionnaires en leurs permettant de faire plus de bénéfice encore sur le dos des citoyen. Si quelqu’un veut améliorer son train de vie il travaillera selon ses besoins et plus selon les besoins des employeurs ce qui favorisera le partage du travail restant dans nos sociétés.
PS : Vilbert dit que la Suisse pratique déjà la chose… je me demande bien où il a été cherché cela, les mythes on longue vie… Voyez plutôt la Suisse sous son vrai jour, c’est le seul Etat qui a refuser à l’OIT de protéger les travailleurs, c’est aussi celui qui met en cause la légitimité du comité tripartie (Etat, Employeur, Syndicats) de l’OIT, seul avant lui l’Espagne de Franco et l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid avait osé faire cela !!!
Bonjour José,
J’apprécie beaucoup vos remarques et vos idées novatrices. On en a bien besoin !
Je vais lire vos propositions et je vous donnerai mon ressenti.
Pour alimenter nos deux sites, nous pourrions mettre “ en miroir “ sur les deux nos échanges.
Je ne sais pas si c’est techniquemnet possible…
Je viens de transmettre une proposition à Marc Ullmann qui anime le Club des Vigilants sur le thème de la résorption du chômage, que l’on pourrait titrer par exemple par :
“ Et si nous remplaçions l’ ANPE par l’ ANSE ! “
Je pense qu’il le publiera prochainement, si l’idée lui parait un peu soutenable…
Bien cordialement,
HPS