Le financement des chômeurs n’est pas intégré dans ce calcul puisque la proposition Attali-Champain a déjà montré, dans leur cas, qu’elle pourrait être financée à budget constant .
I) Impact sur le secteur privé
(je retiens un taux de charges moyen de 70 % pour l’entreprise et de 20 % pour le salarié)
Hypothèse de départ : entreprise de 9 personnes dont les salaires se répartissent comme suit :
Avec la méthode actuelle :
- 6 salariés gagnent 1000 € nets
- 2 « « 2000 € nets
- 1 salarié gagne 3000 € nets
Avec le R.E.C :
- 6 salariés gagnent 500 € nets
- 2 « « 1000 € nets
- 1 salarié gagne 2000 € nets
A) Coût du travail et sommes mises à disposition de l’économie avec la méthode de calcul actuellement en cours
a) Pour l’entreprise
Masse salariale :
13000 X 1.20 = 15600 € de salaires bruts
15600 X 1.70 = 26520 € coût total du travail
b) Pour les salariés
Revenus nets : (6 X 1000) + (2 X 2000) + (1 X 3000) = 13000 €
B) Coût du travail et sommes mises à disposition de l’économie avec le R.E.C
(Au niveau des charges sociales pour l’entreprise, il resterait seulement à financer la branche maladie de la sécurité sociale, et la retraite complémentaire soit : 12.80 + 4.50 = 17.30 %. Pour le salarié, les charges prélevées sur le salaire pour ces mêmes caisses seraient de 0.75 + 3.00 = 3.75%)
a) Pour l’entreprise
Masse salariale :
7000 X 1.0375 = 7262.50 € de salaires bruts
7262.50 X 1.1730 = 8520 € coût total du travail
Gain dégagé : 26520 – 8520 = 18000 €
b) Pour les salariés
R.E.C : 1000 X 9 = 9000 €
Revenus du travail (6 X 500) + (2 X 1000) + (1 X 2000) = 7000 €
Sommes mises à disposition de l’économie : 16000 €
Gain de pouvoir d’achat 16000 – 13000 = 3000 €
Jacques Attali et Vincent Champain ont chiffré leur proposition et en ont conclu qu’elle ne couterait pas plus cher à la collectivité que le cout actuel des traitements sociaux induits par le chômage. J’ai choisi de me baser sur la viabilité de leur proposition concernant le cout mais je cherche à pousser plus loin le raisonnement et tenir compte aussi des entreprises dans la mesure où elles sont impliquées et parties prenantes en premier lieu dans le problème du chômage. En ce sens, l’idée que j’exprime ici exprime un raisonnement global, citoyen et non plus seulement ciblé sur les seuls chômeurs.
Le Revenu d’Existence Collective :
Ce revenu serait un revenu attribué par la collectivité à tout citoyen français jusqu’à sa mort. Comme dans la proposition Attali-Champain il regrouperait toutes les aides sociales inhérentes au traitement du chômage cependant il aurait des effets induits beaucoup plus considérables. En effet, ce revenu ne serait pas soumis à la situation du citoyen vis à vis de l’emploi mais inhérent à sa citoyenneté. En compensation de ce revenu pour ceux qui choisiront de ne pas exercer d’activité privée ils intègreront le secteur que j’appellerai le secteur quaternaire.
Le secteur quaternaire :
Ce secteur regrouperait toutes les activités n’ayant pas pour objet d’être rentables. On pourrait y classer l’art, les services à la personne, l’amélioration du domaine public, la politique, etc. On peut par secteur calculer le nombre d’heures annuelles nécessaire à l’amélioration du service public.
Je vais prendre l’exemple de l’enseignement : Les directeurs d’écoles, les proviseurs mais aussi les enseignants se plaignent qu’avec la réduction des effectifs leur sont imposées des tâches qui ne relèvent pas exclusivement de leurs attributions. On peut aussi estimer qu’il manque des surveillants. Ces heures sont quantitativement chiffrables. En faisant le décompte de toutes ces heures nécessaires par année il deviendra facile de déterminer le nombre d’heures de travail collectif à exiger des citoyens relevant du REC ayant choisi de ne pas exercer dans le privé. Les conditions d’attribution de ces tâches restent à définir en fonction des compétences mais cela ne me semble pas incohérent. D’autre part c’est ainsi que se justifie son attribution : c’est bel et bien un revenu d’existence collective et non individuelle. Pour disposer de ce REC le citoyen devra signer un contrat à durée indéterminée l’engageant à tenir sa responsabilité envers la collectivité dans le cas où il choisisse de s’y consacrer et dans le cas où il choisit d’exercer une activité il devra la justifier.
Je reprends ici les propositions formulées par Jacques Attali et Vincent Champain, dont la source est ici : http://www.supprimerlechomage.org et le document intégral là : Texte intégral
Les deux auteurs considèrent que :
- Les chômeurs réels sont près de 20% (presque 5 millions de personnes) de la population en état d’activité, ce que personne de sensé ne conteste.
- La recherche d’emploi est une activité qui, pour être poursuivie, nécessite d’être rémunérée.
- Les chômeurs n’ont aucun statut et finissent par perdre leurs droits sociaux, droits qui sont destinés essentiellement aux travailleurs et non aux citoyens, ce qui non plus n’est pas contestable.
- Les chômeurs ne sont pas représentés.
En conséquence ils proposent une forme de “Contrat de chercheur d’emploi” pleinement rémunéré et encadré par un accompagnateur assistant la recherche d’emploi. L’employeur serait, dans l’éventualité ultime, la collectivité. Leur terme dans ce cas est l’ “employeur de dernier ressort”. Les avantages, entre autres, de cette formule sont les suivants, je cite :
Notre proposition placerait la société en position d’assumer la responsabilité du chômage et de répondre à cette responsabilité de façon adaptée. Là où le problème est un problème de coût du travail, notre réforme conduira à subventionner des emplois qui seraient “hors marché” sans subvention – par exemple certaines activités de service aux personnes dépendantes. Là où, au contraire, le problème est une insuffisance de revenu, le retour à l’activité permettra de relancer le cycle économique. Là où le problème est un problème de mutation industrielle, l’accompagnement des emplois vers de nouvelles activités privées sera organisé de façon plus dynamique.
Pour le chômeur l’intérêt est de retrouver un revenu décent, de disposer ainsi de tous les droits sociaux inhérents, et une représentativité. Une place dans la société donc, ce qui est loin d’être négligeable.
Selon les auteurs encore cette réforme serait financée à ressources constantes et immédiatement applicable puisqu’elle ne coûterait “que” 4% du PIB contre 4,2% actuellement pour toutes les mesures concernant l’emploi. Une autre mesure principale serait de remettre la gestion de ces contrats entre les mains des responsables locaux puisque “c’est d’ailleurs l’échelon démocratique qui, aujourd’hui, inspire le plus confiance aux Français.”
La conséquence induite, d’un intérêt évident, est que la collectivité aura tout intérêt à trouver rapidement des emplois pérennes aux demandeurs d’emploi puisque le cas échéant c’est elle qui devra en assumer la charge et que les élus locaux porteront la responsabilité de leur politique de l’emploi devant les électeurs.
En conclusion de leurs propositions, je cite de nouveau :
Ce programme ambitieux – rien de moins que la fin du chômage – n’est pas irréaliste. Il suppose des choix clairs : la reconnaissance du statut de “recherche active”, la focalisation plutôt que le saupoudrage, l’efficacité plutôt que l’empilement des dispositifs, l’écoute et la prise en compte des besoins de chaque personne plutôt que la conception d’outils basés sur un “chômeur moyen”.
Après ce programme, la société française changerait de nature.
Je dois reconnaître que ce programme est intéressant, que la proposition, même si elle n’est pas nouvelle selon leurs auteurs, est ambitieuse. Néanmoins je crois qu’elle ne répond pas intégralement à la situation. En effet, elle ne tient pas compte du déficit d’emplois. Le gisement d’emplois à pourvoir n’est que de quelques centaines de milliers. En les rapportant aux 5 millions de chômeurs, elle nécessiterait de créer plus de 4 millions de postes. J’ai du mal à imaginer où il deviendra possible de le faire. Elle ne tient non plus pas compte de l’évolution technologique qui conduit à diminuer les emplois en plus grand nombre qu’elle n’en crée. D’autre part, elle n’intègre pas, si ce n’est par leur seule bonne volonté, les employeurs privés. Si la réalité qu’ils décrivent, selon leurs représentants, est avérée, c’est à dire que le coût de la main d’oeuvre en France est si exorbitant qu’il leur faille délocaliser, je ne vois pas dans ces propositions ce qui les conduirait à y renoncer.
Ces bémols, et non des moindres bien que je trouve cette avancée dans le traitement social du chômage considérable, m’amènent à pousser plus loin le raisonnement en passant du contrat d’évolution proposé par les auteurs au Revenu d’Existence Collective que je développerai sur le prochain billet.
En attendant, n’hésitez pas à consulter le document, à vous rendre sur leur site et à laisser vos commentaires et réactions sur leur blog. Je suis entré en contact avec Vincent Champain et je pourrai lui faire part de vos remarques constructives et de l’évolution de nos discussions.
La réflexion continue, la solution pourrait bien être en passe d’être élaborée.
Associer les citoyens à l’Europe est une nécessité qui semble-t-il n’a pas été perçue, ni par nos représentants nationaux, ni par nos dirigeants européens ni par les médias. Les raisons du non ont été et demeurent multiples. On ne peut indifféremment associer tous les objectifs différents du vote non. Pourtant certains arrivent à rassembler 55% de la population à un simple mot : NON. Parfois ils poussent même leur profondeur d’analyse jusqu’à affiner l’argument et même en déduire des traits de caractère majoritaires comme le racisme, la xénophobie. Jusqu’à affirmer que cela relèverait même de la psychothérapie comme le repli sur soi. J’avoue volontiers que pour ma part, je suis assez impressionné. Je ne me suis jamais posé cette question au sujet des votants du oui, je pensais tout simplement qu’ils étaient comme ceux du non. Je ne suis qu’un citoyen “de base”, ça doit être pour ça… Mais revenons à notre sujet bien que pour ma part je considère qu’une large partie du vote non ait été l’hostilité au libéralisme économique érigé en Constitution.
L’affrontement idéologique majoritaire aujourd’hui se résume aux seuls deux différents adjectifs présents dans le titre de cet article. En effet, plus personne ne combat le libéralisme. Pas même les marginaux d’aujourd’hui, comme nos jeunes alter-mondialistes que nous croisons et avec qui nous nous amusons lorsque nous nous rendons aux festivals d’été. Voudraient-ils qu’on leur retire leur fourgon ? Évidemment non. Les libertés individuelles comme le bien privé sont indissociables et ce sont souvent ces mêmes jeunes que je citais qui sont de fait les pratiquants les plus fervents du libéralisme politique, même s’ils le font parfois sans le savoir.
Comment transcrire en ce cas cet affrontement idéologique ? Si l’on s’en tient aux objectifs d’idéal ils sont les mêmes puisque le libéralisme n’en a qu’un seul qui est d’égaliser les droits réels de tous. Pragmatiquement, les voies pour atteindre cet objectif se heurtent dans la vie à notre échelle de temps. Le citoyen de base ne peut adhérer qu’à ce qui améliore sa condition actuelle. C’est une simple question de bon sens. Lorsqu’il lui est demandé de réduire ses conditions de vie en affirmant que c’est une période difficile pour sa génération mais bénéfique pour celle qui le suivra, c’est un argument qu’il a du mal à cautionner. Quelle garantie a-t-il qu’il ne sera pas affirmé les mêmes propos à ses enfants ? Impossible de prévoir l’avenir, bien sûr ! Mais dans ce cas comment peut-on promettre une meilleure situation ? La seule amélioration que le citoyen puisse constater est celle qui se présente à son quotidien. S’il est impossible d’affirmer améliorer l’avenir de ses enfants, commençons par améliorer leur présent. En vivant dans un monde meilleur, eux aussi amélioreront leur futur. C’est cela le bon sens. Or, le libéralisme économique et ses défenseurs les plus actifs n’ont pour seul but que de s’affranchir du contrôle de l’État (mais pas toujours de ses subventions).
Les Américains ont une culture capitaliste qui contribue largement à ce type d’expression. Aucun Américain ou presque, malgré les inégalités provoquées par un tel système, ne le remettrait en cause. Mais en France, contrairement à chez eux, nous avons une culture sociale très forte. Nous faisons aussi le constat qu’une économie non contrôlée fait un maximum de dégâts sociaux en un minimum de temps. Notre culture politique n’a pas pour vocation à pallier ces problèmes parce qu’elle n’a pas (ou ne devrait pas avoir) pour principe de laisser se former des exclusions en son sein. C’est ainsi que nous pouvons constater aussi durement l’incompétence de l’État face à la situation économique. Autrement dit, à mon sens, les Français ne seraient pas opposés au libéralisme économique si seulement le libéralisme politique était réellement effectif. Et si l’on commençait par l’application dans les faits du premier avant d’imposer plus avant le second ?
Ma présence à ce festival avec deux adolescents, le mien et son ami avec lequel ils forment déjà, à 16 ans un vieux couple
, m’a permis de visualiser d’un peu plus près ce qui se passe réellement lorsque notre jeune génération s’amuse. Je crois que les problèmes relationnels que celle-ci rencontre avec les “vieux” que nous sommes sont pour une grande part liés à nos comportements. Les nôtres et pas forcément les leurs comme l’on aurait trop tendance à le croire. Nous pensons qu’ils sont formatés mais est-ce tant le cas que cela ? Ne le sommes-nous pas, nous aussi ? Et si nous y réfléchissions ?
Tout d’abord, une présentation de cette soirée du Festival de Morlaix. La programmation musicale (Chris Stills, Tom Mac Rae, Tiken Jah Fakoly, Sinsemilia) était bonne, mais cette appréciation relève essentiellement du goût de chacun. Je compte traiter de cette programmation indépendamment dans un article à Juventus. L’organisation était excellente, tant au niveau de la sécurité que des infrastructures. Il n’y a donc pour moi rien à regretter de cette longue soirée, de 20h à 2h30 tout de même. On comprend aisément, d’après la programmation, quel était le public : des jeunes de 15 à 25 ans essentiellement, en proportions assez équilibrées par âges. Quelques couples de parents accompagnateurs mais assez peu, ce qui suscite ma première interrogation : sommes-nous si éloignés de nos enfants en matière de goûts musicaux ?
En l’occurrence nous écoutons la même musique mais la majorité d’entre nous a perdu contact avec l’évolution de la scène. La lignée des Bob Marley, Burning Spears, Peter Tosh, Alpha blondy ou Toure Kunda a apporté, entre autres, Tiken Jah Fakoly ou Sinsemilia, Ils jouent la même musique festive et chantent les mêmes revendications : celles qui ont pu nous animer il y a une vingtaine d’années. J’insiste : les mêmes. Les textes sont en phase avec l’actualité, cette actualité qui est aussi la nôtre. Il n’y a rien de plus violent, rien de plus agressif ou de déluré que ce qui pouvait se passer à notre “époque” (que je n’aime pas ce terme...). Il y a donc tout lieu de penser que nos adolescents adopteront la même façon de penser que nous. Nous en rendons-nous vraiment compte ? Si oui, pourquoi les adultes étaient-ils si peu nombreux avec leurs enfants samedi soir ? À titre personnel je sais que le mien était enchanté de ma présence parmi eux, j’imagine donc que ç’aurait été le cas aussi avec nombre d’adolescents présents. Une réponse qui appelle des questions, n’est-ce pas là un sujet de débat ?
Secondement, leur comportement. À ce que j’ai pu voir, les adolescents en groupe ne se comportent pas différemment de nous. Ils bousculent un peu autour d’eux en passant et ne demandent pas toujours pardon mais ce n’est pas tant par manque de respect que par précipitation. Aucun incident, aucune bagarre, aucune intervention de la sécurité ne fut nécessaire. Bien encadrés et organisés, ils ne se transforment pas en mauvais supporters mais bel et bien en groupes festifs ignorants des discriminations ou d’autres comportements sectaires.
Par contre je dois avouer que leur propension à l’alcool est (alors que celle du cannabis me semble stable), en forte hausse. Dans quelle mesure en sommes-nous responsables et pouvons-nous agir ? C’est une question sérieuse qui mérite à mon sens réflexion… Sans sermon mais surtout sans hypocrisie.
Le défaut de représentativité reproché aux partis politiques comme aux syndicats est fondé, tout le monde s’accorde sur ce constat. Le débat qui devrait s’amorcer sur ce sujet par contre semble n’avoir pas lieu, du moins publiquement. Ségolène Royal avait bien osé parler de démocratie participative mais ce sujet ne préoccupe apparemment pas la vie des décisionnaires politiques. La e-Cité lance le débat puisqu’il apparait que ce sont les citoyens qui doivent reprendre l’avenir démocratique en main.
Pour tenter de comprendre ce défaut de représentativité, il conviendrait d’en examiner les causes.
J’ai tenté une approche par les taux d’abstention aux consultations électorales de la Vème République en calculant les taux moyens d’abstention pour chaque type de scrutin (en tenant compte des premiers et deuxièmes tours des scrutins).
Les résultats sont les suivants :
- élections municipales : 26,08%
- élections régionales : 35,36%
- élections législatives : 25,76%
- élections présidentielles : 19,35%
- élections européennes : 46,84%
- référendums : 33,84% (à titre d’information, les sujets étant divers)
Quelles sont donc les conclusions que l’on pourrait en tirer ?
Première hypothèse : les Français se prononcent plus volontiers lorsqu’ils pensent voter pour une personnalité que pour un parti politique.
Et si l’on en débattait ?